L’EUROPA OCCIDENTALE NELLA MORSA DELLA FAGLIA IDENTITARIA AMERICANA
Lo stato di salute dell’imperatore ha un impatto diretto, seppur differito, sulle province dell’impero.

Un assioma di grammatica geopolitica tuttavia poco conosciuto non solo nel dibattito pubblico, ma spesso anche nelle analisi degli addetti ai lavori. Ne è un esempio la totale impreparazione e quindi la reazione sbigottita del circuito politico mediatico europeo alla nuova postura americana inaugurata sotto l’amministrazione Trump….
Il mio primo articolo per Revue Conflits, apparso nel numero 57: “Ukraine. Le monde d’après”
Les États-Unis sont confrontés à une déchirure identitaire qui a des répercussions sur l’Europe. Le revirement diplomatique de Washington, qui s’est rapproché de Moscou et qui discute avec la Russie, laisse sans voix les Européens qui ne savent plus quelle direction adopter.
L’état de santé de l’empereur a un impact direct, quoique différé, sur les provinces de l’empire.
Un axiome de grammaire géopolitique pourtant peu connu, non seulement dans le débat public mais souvent aussi dans les analyses des experts. Un exemple en est l’impréparation totale et donc la réaction abasourdie du circuit politico-médiatique européen face à la nouvelle posture américaine inaugurée sous l’administration Trump. Prenons du recul.
Au cours des trois dernières décennies, la fin de la guerre froide a engendré un rapprochement physiologique entre l’Europe occidentale et la Russie puisque ses trois plus grands pays, la France, l’Allemagne et l’Italie, ont repris le fil de la convergence géopolitique historique avec Moscou. Paris parce qu’il y trouve traditionnellement un rivage important pour contenir l’Allemagne et s’émanciper de Washington ; Berlin parce qu’il suit une parfaite complémentarité stratégique presque par inertie[1] ; Rome parce que, depuis la réunification nationale, elle compte en son sein une influente composante russophile[2].
Une trajectoire que l’Amérique ne peut absolument pas tolérer, car elle est en conflit avec sa première priorité géopolitique : éviter l’émergence sur le continent eurasien d’une puissance capable d’avoir l’hégémonie. La guerre en Ukraine est donc intervenue comme une aubaine pour Washington afin de générer la rupture structurelle nécessaire à la désarticulation de la convergence. Déjà, depuis l’occupation de la Crimée en 2014, mais surtout depuis l’invasion de février 2022, contraintes de suivre les directives de la superpuissance hégémonique, la France, l’Allemagne et l’Italie ont dû assumer, malgré elles, une posture et un récit fortement russophobes.

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